« Être Valentinois c'est être natif de Valence, Dracénois de Draguignan, Briochin de Saint-Brieuc... Mais être Parisien ce n'est pas être né à Paris : c'est y renaître ; et ce n'est pas non plus y être, c'est en être ; et ce n'est pas non plus y vivre, c'est en vivre... Car on en vit, et on en meurt. Être de Paris ce n'est pas y avoir vu le jour ; c'est y voir clair. On n'est pas de Paris comme on est de Clermont mais on est de Paris comme on serait d'un cirque. On est élu Parisien, élu à vie. C'est une dignité. C'est une charge aussi : on doit être à ses ordres, à sa dévotion quand Paris vous a fait l'honneur de vous admettre. Aimer Paris rend orgueilleux, car il vous devient à ce point nécessaire qu'on arrive à croire qu'on peut lui être utile. »
Sacha Guitry

« Il n'y a que deux sujets de chansons possibles : l'amour et Paris ! » Jacob Gershowitz
Petit lecteur de chansons parisiennes (ou qui mériteraient de l'être)
Appuyez sur "play" et laissez-vous bercer...

L'auteur

L'auteur de ce blog est né en l'an de grâce 1990 dans le département des Alpes-Maritimes. Tout le prédestinait alors à acheter ses premières RayBan à quinze ans, à voter UMP à dix-huit, et à monter son agence immobilière à vingt.
Fort heureusement, dès 1993, ses géniteurs décidèrent de l'éloigner de la garrigue provençale pour l'habituer à l'air pur de la banlieue lutécienne, avant de "monter à Paris" deux ans plus tard. Peu à peu, il s'est habitué à la Capitale, pour finalement l'adopter comme elle l'a elle-même adopté.
Mancino est étudiant au Lycée Henri IV. Il vit chez sa mère, prof donc feignasse-de-priviligiée-qui-s'-engraisse-sur-nos-impôts-que-c'-est-nous-qu'-on-a-payé, et donc forcément multimilliardaire.
Même si Mancino vit dans un immeuble gonflé d'humidité, qu'un incendie et trois inondations ont quelque peu abîmé au cours de la seule année 2007 ; même s'il dort dans un lit constamment trempé (non par les symptômes d'une énurésie tardive, mais plutôt par l'eau de pluie qui traverse allègrement son toît) ; même s'il vit au rythme des coupures d'électricité ; même si des rats se baladent dans ses canalisations et même s'il a depuis longtemps abandonné l'idée de se doucher à l'eau chaude, nous l'appelerons "Bourgeois-Bohème" afin de ménager la susceptibilité du Français moyen.

Amateur de philosophie et de sociologie, Mancino s'accorde une liberté totale dans les thèmes abordés, du dernier torchon d'Amélie Nothomb aux défaites du Paris Saint-Germain, en passant par des choses un tantinet plus sérieuses... Le tout sur un ton toujours sincère, volontiers polémique, mais profondément ouvert.

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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 02:28

 "Étant entendu que le monde moderne est une horreur absolue, il ne reste plus qu'à cracher dessus.

 

Ce doit être pour cela que la Providence m'a fait phtisique..."

 

 

~ Joseph Stokober

Par Mancino - Publié dans : Délires Ethyliques
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 18:42

"C'est quand même dingue : les ceusses qui causent le plus de tolérance, c'est les premiers qui t'insultent quand t'es pas d'accord avec eux."

 

~ Joseph Stokober

Par Mancino - Publié dans : Délires Ethyliques
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 15:42

"Je sais bien que la littérature et la philosophie d'aujourd'hui se méfient des « belles âmes » et préfèrent les salauds. Je sais bien que l'histoire d'aujourd'hui ne s'intéresse guère qu'aux statistiques, aux courbes des prix, à l'action des masses et qu'elle ne retient, à la rigueur, que les noms de ceux qui ont contribué à changer le monde. Rossel n'a rien changé. Il a échoué sur tous les plans : national et révolutionnaire. Il n'a sauvé que sa conscience."

 

~ Edith Thomas, Rossel, Paris, Gallimard, 1967.

 

Lorsqu'un ami très cher m'a offert l'ouvrage susmentionné, je ne me doutais guère que sa lecture dépasserait à ce point mes attentes. Le verbe est à la fois concis et ciselé, et la trame narrative laisse une grande place aux écrits de Louis-Nathaniel Rossel lui-même, plus précisément à sa correspondance avec ses parents et sa soeur Isabella. Des échanges épistolaires à la fois tendres, drôles, profonds et amers. A l'image du colonel.

 

louis-rossel.jpg

 

Le délégué à la guerre de la Commune fut illégalement passé par les armes avec Ferré et le sergent Bourgeois, le 28 novembre 1871, au poteau de Satory.

 

L'on écrivit une complainte en hommage à ce grand homme de foi, ce révolutionnaire effronté, ce jeune homme insolent qui — chose rare — avait les moyens de son insolence. Selon E. Thomas, les auteurs de cette complainte sont Naquet (Alfred, sans nul doute), Louis Blanc, Rochefort et... Victor Hugo. La voici.


 

La Complainte de Rossel

 

Il n’avait pas trente ans, le cœur plein d’espérance
Plein de patriotisme et d’abnégation,
Quand les bourreaux français tranchèrent l’existence
De ce grand citoyen, de ce fier champion.

 

[Refrain] C’est pour la Commune égorgée
Qu’il est mort frappé par la loi.
Ô Rossel, mon enfant, ta mort sera vengée,
Ô martyr, dors en paix, dors en paix,
La France pense à toi.

 

On l’a fait fusiller comme un coupable infâme,
Comme s’il eût commis des crimes inouïs,
Ce fier vaillant soldat qui n’avait dans son âme
Que trop d’amour, hélas ! pour son pauvre pays

 

Il est mort glorieux pour le salut du monde,
Comme le Christ est mort par la main des bourreaux.
Mais son sang généreux vivifie et féconde
Le droit de liberté qu’il défendait si haut.

 

La République était son amante adorée,
Pour elle, il a donné sa jeunesse et son sang.
Les Français en émoi, la France déchirée
Pleurent avec nous ce fils, pleurent cet innocent.

 

Adieu, mon fils, adieu. Ton immense infortune
Laisse dans notre cœur un immortel regret.
Mais si le peuple un jour refaisait la Commune,
C’est au nom de Rossel qu’il se soulèverait.

Par Mancino - Publié dans : Chroniques Antimodernes
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 01:58

Dans mon immeuble, quand une porte est pétée, on remet le code sans réparer le groom.
Dans mon immeuble, quand on fait un trou en plein milieu du hall (pour stopper une fuite de canalisation qui inondait les sous-sols depuis environ une semaine), on se contente de mettre des planches par dessus. Et quand les planches sont pourries et se fissurent, bah on ne rebouche certes pas le trou, mais comme on est magnanime, on remet des planches toutes neuves.
Dans mon immeuble, dès qu'un truc est à moitié réparé, un autre truc se remet à déconner (parce qu'il n'avait été qu'à moitié réparé précédemment).
Dans mon immeuble, quand le voisin du premier étage prenait sa douche, c'étaient les Chutes du Niagara dans le hall. Le jour où un compteur électrique a pris la flotte, on a commencé à songer faire des réparations. On a fait la chose à la va-vite, et puis on a mis du gros scotch autour du compteur. Du scotch avec écrit "Danger de mort", ou un truc comme ça. C'est cool de lire "Danger de mort" à 20 centimètres de ses yeux, quatre fois par jour, en verrouillant ou en déverrouillant sa serrure.

Le scotch a été enlevé au bout d'environ 3 ans, pour laisser place à un compteur flambant neuf. Une lueur d'espoir au milieu de l'obscurité. Oui, de l'obscurité. Parce que depuis quelques temps sévit la "Combo du Bâtiment B" : tantôt les parties communes subissent une totale coupure d'électricité (si possible en hiver, quand les jours sont moins longs et la luminosité déficiente), tantôt elles sont allumées 24h/24 (et la minuterie fait un bruit insupportable).

 

Vraiment, le Vème Sud, c'est trop ghetto...

 

 

Addendum : Je devrais écrire une chanson réaliste sur mon immeuble. Bruant et Damia n'auraient qu'à se rhabiller.

Par Mancino - Publié dans : Anecdotes sans Intérêt
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 16:26

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ROUSCAILLONS BIGORNE !


Leçon n°3 : Un pandore

 

 

Du « condé » au « poulaga », l’arguemuche de la Capitale fourmille de sémillantes allégories à l’endroit des forces du désordre. Le premier sobriquet tire ses origines du prince en charge de la sécurité du royaume, tandis que le second accompagne l’invention combinée du nuggets et de la camionnette de police.

Mais si l’on ne devait garder qu’un « gendarme » argotique, ce serait sans doute le pandore. Dans l’un de ses articles du Cri du Peuple, Henri Verlet dresse les portraits de Mac Mahon, Dupanloup et Thiers sous les traits respectifs de « Pandore, Basile, et Mercadet ». Pourquoi Pandore ? Quelle étrange relation pourrait-on entrevoir entre le gendarme de 1871 et la mythologie grecque ? S’agit-il de cette étrange boîte de Pandore, dont chacun redoute l’ouverture ? Entre l’hellène récipient et l’inquiétant panier à salade, l’analogie est tentante. Seulement voilà : c’est un anachronisme.

Un lacanien décréterait sans doute que dans « Pandore », il y a « Pan ! » et « dors ». En somme, le « Pandore » serait celui qui, d’un coup de flingot, condamnerait ses victimes au sommeil éternel. ‘Sont vraiment cons, ces lacaniens.

 

Gendarme-guignol.jpeg


Quant à nous, nous demeurons désespérément inaptes à déterminer l’origine de cette occurrence argotique, car si le pandore est sans doute la manifestation de bien des maux de ce monde, il n’en est pas la source ni la racine. Nous nous contenterons donc de cracher sur l’âme damnée de Mac Mahon en chantant avec Clément, une larme à l'oeil : « Demain les manons, les lorettes / Et les dames des beaux faubourgs / Porteront sur leurs collerettes / Des chassepots et des tambours. / On mettra tout au tricolore / Les plats du jour et les rubans / Pendant que le héros pandore / Fera fusiller nos enfants ! »

 

Joseph Stokober

Par Mancino - Publié dans : Chroniques Antimodernes
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Manifeste

Il fut un temps où le coeur du Quartier Latin battait sous les sabots des Communards déchaînés.
Il fut un temps où le Vème Arrondissement de Paris était le terreau de toutes les révoltes prolétariennes, toujours parmi les premiers à dresser des barricades.
Il fut un temps où Paul Verlaine s'éteignait miséreux, entouré de prostituées et de bouteilles d'absinthe, dans son taudis de la Rue Descartes.
Il fut un temps où les Sorbonnards ne se contentaient pas de quelques slogans simplistes et de manifestations encadrées, mais rêvaient de changer le monde à grands coups de pavés.

Malheureusement, si l'on se présente aujourd'hui en tant qu'"habitant du Vème" - ou plus généralement du centre de Paris - les railleries fusent immédiatement. A l'index du catalogue social populo-médiatique, nous voilà hissés au rang de "bourgeois". Pire ! de "bourgeois-bohème"...
L'esprit excessivement synthétique de notre quatrième pouvoir national, attisé par un antiparisianisme grandissant, a taillé à coups de serpe la Ville Lumière afin de distinguer trois zones nettes et hermétiques : les riches à l'Ouest, les pauvres à l'Est, et les "bobos" au Centre.
Il suffit pourtant de parcourir les enquêtes sociologiques, ou plus simplement d'arpenter les ruelles du "ventre de Paris" pour découvrir une réalité bien différente des clichés habituellement véhiculés. Certes, il serait inopportun de comparer le Marais ou Saint-André-des-Arts à la Goutte d'Or, et encore moins au portrait dépeint par Eugène Sue dans Les Mystères de Paris ; mais il suffit de se promener Rue Mouffetard pour croiser des lycéens lisant du Sartre en roulant leur cigarette, de débouler Place Saint-Médard pour danser la java à l'heure de la messe dominicale, d'errer sur les quais de la Seine pour assister au spectacle de dizaines de saltimbanques : des peintres, des poètes, des fous !... Il suffit de se rendre sur les marchés pour entendre la gouaille parisienne qui fit la réputation d'Audiard, Gabin et Renoir.
Quoi que la vox populi en dise, Paris n'a pas perdu son âme d'antan, cette rage de vivre et de rêver, qui se transmet par les effluves de Gitanes et le son de l'accordéon. Certes, les ouvriers l'ont déserté, mais employés, étudiants, intellectuels, artistes et vagabonds sont toujours là, prêts à prendre la relève et à assumer une identité qu'ils s'approprient un peu plus de jour en jour.

Quant à notre supposée richesse matérielle, elle s'effondre sous le poids de divers constats : celui du prix de l'immobilier couplé au taux de locataires et à la surface par habitant, auquel on additionne un coût de la vie amplement supérieur pour les mêmes produits, notamment en raison du volumineux afflux touristique. Ainsi, alors que les revenus des Parisiens sont relativement supérieurs à la moyenne nationale, leur niveau de vie et leurs revenus en PPA (parité de pouvoir d'achat) sont sensiblement... inférieurs ! Si l'on ajoute à cela le rapport interdécile hallucinant (10,5) calculé par l'INSEE sur l'ensemble de Paris (avec un minimum déjà astronomique de 6,7 dans le XIIème Arrondissement) et la proportion honorable de logements sociaux, on comprend vite que les pseudo-analyses journalistiques à grands coups de "revenus moyens" (une statistique "à fuir comme la gâle", m'a toujours dit mon prof' d'éco) ne tiennent pas la route...

Le constat global est donc posé, et il sera sans cesse affiné au fil du temps. Vous l'aurez compris, cette page prendra la forme d'une tribune populaire, politiquement marquée et partisane à souhait ; souvent arrogante, parfois de mauvaise foi.
Bien que son auteur est un judéo-bolchévique internationaliste convaincu, ce blog sera avant tout identitaire. Nonobstant son caractère a priori fascisant, l'adjectif "identitaire" se devra d'être interprété au sens parisien du terme : celui d'une ville qui a forgé son histoire dans le creuset de l'immigration : des premiers Juifs ashkénazes établis au XIIIème Siècle autour de la Rue des Rosiers jusqu'aux nouveaux arrivants d'Asie de l'Est et d'Afrique subsaharienne, en passant par les Bretons et les Auvergnats, Paris a bâti SON identité sur LES identités. L'identité parisienne, c'est donc l'Universel réuni au sein d'une communauté composite et propice aux mélanges. Pour preuve, on peut citer le taux de Parisiens nés hors de la France métropolitaine, qui atteint les 20%.

Mais c'est l'argot lutécien - et notamment ses variantes modernes - qui illustre le mieux ce melting-pot : sans aucun fondement étymologique déterminé, cette langue verte à la structure unique au monde s'est développée sur un schéma binaire, mêlant trouvailles poétiques et agrégation de racines provinciales ou étrangères.


Appelé "tête de veau", "tête de chien", "Parisieng", ou plus simplement "enculé" selon les régions qu'il traverse, le Parisien est une créature incomprise et mal-aimée. Puisse ce modeste blog contribuer à lui rendre ses lettres de noblesse...

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