Page de publicité sur TF1. En cinq secondes, trois occurrences de l'assertion "c'est possible". Pour le réalisable, on repassera.
"Rakam le Rouge ? Connais pas. C'est un Bordeaux ?"
Mancino
Par Mancino
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Publié dans : Délires Ethyliques
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Vous l'aurez compris en lisant l'intitulé, cet article empeste la bile. Notre cible : l'agitation médiatique délirante autour
de Clotilde Reiss, qui ne mérite selon nous ni égard ni pitié. Se révolter, c'est bien. Mais quand on se fait prendre, il faut savoir être cohérent vis-à-vis de soi-même et de la cause que l'on
soutient – ou que l'on croît soutenir, ou que l'on veut donner l'impression de soutenir. L'alternative
est simple : soit on transforme son procès en plaidoyer populaire, soit on ne descend pas dans la rue. L'attitude de Reiss est celle d'une petite
bourgeoise qui veut se dévergonder avec le peuple. Hélas ! la classe bourgeoise aime à revendiquer sans jamais assumer les conséquences de ses actes – souvenons-nous des apôtres de la destruction de l'Etat providence qui réclament désormais avec véhémence les deniers
publics. C'est problablement pour cela que Reiss s'empresse de cirer les pompes (ne soyons pas grossier...) d'Ahmadinedjad quand elle se retrouve
devant m'sieu l'juge.
Donner un peu de sa vie pour une cause n'a rien d'extraordinaire. Et quand on pense à ce môme de 8
ans qui insista auprès des soldats versaillais pour être fusillé avec ses compagnons de barricade le 28 mai 1871, on pourrait presque penser que c'est une caractéristique inhérente à la nature
humaine. Le dernier exemple médiatique d'un tel sacrifice, c'est évidemment celui des prisonniers de Tarnac, qui n'ont
jamais fléchi – et pourtant, les prisons françaises ne valent guère mieux que leurs homologues iraniennes (cf Amnesty International).
Reiss a fléchi. Et on ne peut même pas dire qu'elle a essayé de résister, car elle est immédiatement
passée à table, avec toute la panoplie lexicale de l'auto-critique, façon "purge stalinienne". C'est à qui fera la plus belle fellation à Mahmoud. J'espère que Cloclo a encore la gorge qui
pique.
Déjà en contact avec une quinzaines d'agences publicitaires occidentales,
Clotilde Reiss profite de son procès pour poser devant les photographes de L'Oréal. Malheureusement, l'expression "je fais ce que je veux avec mes cheveux" est un poil trop idiomatique pour
être traduite en persan...
Mais j'entends déjà fuser les critiques : "ouais, mais toi, t'aurais fait quoi à sa place ? On aimerait bien t'y voir, toi, dans les prisons iraniennes !" Banalité sophistique comme tant d'autres, à laquelle je répondrai par simple charité intellectuelle. J'ai autre chose à foutre que de cracher sur Bonnet Blanc pour chanter les louanges de Blanc Bonnet. L'Iran qui a fait la révolution, c'est celle des communistes, pas celle du
traître Khomeini et de son successeur Khamenei. Or aujourd'hui, savoir qui aura l'immense privilège de cirer les
pompes de l'Ayatollah ne m'intéresse guère.
Quant à Reiss, elle a simplement démontré qu'elle n'était qu'une petite bourgeoise occidentale qui ferait mieux de régler son complexe du pot de Nutella avec papa, et de laisser les peuples
iranien et français en dehors de ses révoltes pré-oedipiennes. En n'assumant pas ses actes, elle a fait preuve d'une frivolité sans nom. Elle a prouvé que son "engagement" n'était pas au service du peuple iranien : il s'agissait seulement d'un défi personnel. "Chiche" ! Ce pari
nombriliste et contestataire, pour Cloclo, c'était une façon de se prouver qu'elle était une rebelle, une vraie, et qu'elle avait pas peur de crier "liberté !" dans la rue, au beau
milieu de la populace. Le problème de cette conduite éminemment égoïste, c'est qu'elle est mue par la frivolité. Et le Frivole méprise le risque, jusqu'à ce que celui-ci se
concrétise – voyez le spectacle si touchant de ces motards qui, après le décès d'un membre de
leur "bande", découvrent avec stupeur que rouler à 250 km/h sur l'autoroute peut être dangereux, et que la mort n'est pas si "fun"...
Bref, l'arrestation et la prison, c'est la blessure narcissique assurée. Dès lors, Clotilde prend conscience de son erreur, se
repent s'apprête à rentrer en France tête basse. Heureusement, David Pujadas est là pour sauver les apparences et célébrer cette grande garante des Droits de l'Homme (ah, les Droits de
l'Homme...) au lieu de diffuser des traductions de ses interventions devant la cour – qui furent pour le moins cocasses. Retournement de valeurs. Reiss est une félonne : elle
mérite donc les lauriers de l'Occident. Elle a été digne de ses guides sociaux-démocrates. Quand le Quai d'Orsay aura libéré une dizaine d'ayatollahs en herbe pour une Clotilde Reiss et quelques
points de plus dans les sondages, nul doute que la nouvelle héroïne de notre fière nation recevra les honneurs qu'elle mérite.
Ceux d'une civilisation qui a sacrifié l'éthique sur l'autel de Narcisse.
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Appendice :
"Messieurs les jurés. Je suis accusé d'avoir dit à trente millions de Français, prolétaires comme moi, qu'ils avaient le droit de vivre. Si cela est
un crime, il me semble du moins que je ne devrais en répondre qu'à des hommes qui ne fussent point juges et parties dans la question. Or, messieurs, remarquez bien que le ministère public ne
s'est point adressé à votre équité et à votre raison, mais à vos passions et à vos intérêts ; il n'appelle pas votre rigueur sur un acte contraire à la morale et aux lois, il ne cherche qu’à
déchaîner votre vengeance contre ce qu'il vous représente comme une menace à votre existence et à vos propriétés. Je ne suis donc pas devant des juges, mais en présence d'ennemis [...] Ne croyez
pas que nous venions ici pour nous justifier des délits qu'on nous impute ! Bien loin de là, nous nous honorons de l'imputation, et c'est de ce banc même des criminels, où on doit tenir à honneur
de s'asseoir aujourd'hui, que nous lancerons nos accusations contre les malheureux qui ont ruiné et déshonoré la France, en attendant que l'ordre naturel soit rétabli dans les rôles pour lesquels
sont faits les bancs opposés de cette enceinte, et qu'accusateurs et accusés soient à leur véritable place."
Auguste Blanqui
Texte paru dans Maintenant, il faut des armes
C'est pas Clotilde Reiss, sainte parmi les saintes, qui aurait balancé un truc pareil devant la justice iranienne. Il serait temps de rendre hommage aux vrais héros
et de laisser de côté les apôtres de la contre-culture, de la contestation "pour le folklore" et des planteurs d'arbres de la liberté si bien conchiés par Blanqui.
Par Mancino
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Publié dans : Trotsky tue le Ski
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